La lutte contre le changement climatique s’inscrit aujourd’hui dans un cadre juridique structuré à toutes les échelles. Des Accords de Paris à la Loi européenne sur le climat, en passant par la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), la trajectoire est claire : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Certaines obligations sont déjà en vigueur :
En plus d’anticiper les enjeux réglementaires croissants, le bilan carbone permet de mettre en lumière les « vraies » sources d’émissions, parfois là où on ne les attend pas. En l’absence de données chiffrées, on risque de concentrer ses efforts sur des actions à faible impact tout en négligeant des postes majeurs ou à forte croissance, comme le numérique, en pleine expansion. Le bilan permet ainsi de prioriser ses actions selon leur potentiel réel de réduction des émissions de GES de l’établissement.
Réaliser un bilan carbone, c’est se situer sur une courbe de progrès. Cette première photographie permet ensuite de fixer des objectifs chiffrés et de suivre leur évolution dans le temps. Cela offre une vision structurée, avec des points d’étape et un suivi annuel possible grâce à la mise en place d’outils de reporting interne. C’est également un garde-fou pour éviter la perte d’information en cas de changement de référent au sein des équipes.
Dans un contexte où la communication verte est scrutée, un bilan carbone documenté et transparent permet de renforcer la crédibilité des engagements d’une organisation. C’est un levier de mobilisation pour les équipes internes, qui comprennent mieux pourquoi certains changements sont demandés, mais aussi pour les parties prenantes externes (clients, fournisseurs, partenaires institutionnels), qui perçoivent le sérieux de la démarche. Il permet également d’entraîner ses fournisseurs, en les incitant à fournir leurs propres données d’émissions d’une année sur l’autre.
En résumé : le Bilan Carbone permet de s’engager en faveur de la transition écologique et ainsi de :
La réalisation d’un bilan carbone suit une méthode rigoureuse, encadrée par des référentiels reconnus, mais reste adaptable à la taille, aux moyens et à la maturité de chaque structure.
La méthode la plus utilisée en France est celle du Bilan Carbone®, développée par l’ADEME et aujourd’hui portée par l’Association Bilan Carbone (ABC). Elle permet de calculer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées par une organisation, en tenant compte des scopes 1, 2 et 3 :
À l’échelle internationale, certaines structures utilisent aussi le GHG Protocol, plus fréquent dans les grands groupes ou les entreprises ayant une présence à l’étranger.
Conversion des données physiques (kWh, km, kg…) en CO₂e à partir de la Base Carbone de l’ADEME. Pour des données spécifiques, il est aussi possible de consulter des bases privées (payantes). Un pourcentage d’incertitude sera calculé pour chaque donnée. L’objectif est d’en avoir le moins possible.
Il est tout à fait possible de réaliser un premier bilan en interne, à condition d’avoir du temps, une grande rigueur méthodologique et des compétences solides en analyse de données. Pour les structures plus novices, faire appel à un prestataire externe permet de gagner du temps et de garantir la fiabilité du diagnostic.
Quelques critères de choix :
Exemple évoqué en atelier : un établissement a réalisé son bilan en 3 mois pour 8 000 €, incluant l’accompagnement et la formation des équipes. Mais on trouve des formules moins coûteuses en fonction de la plateforme/accompagnement retenu.
L’atelier a présenté plusieurs outils accessibles, notamment pour les petites structures :
Ces solutions peuvent servir soit de point de départ pour s’autoformer, soit de base de discussion avec un prestataire.
Retrouvez plus d’informations sur l’annuaire des prestataires disponible sur le site de Paris je t’aime.
Un exemple concret a été partagé lors de l’atelier : celui de la prise en compte des déplacements des visiteurs dans les bilans carbones des établissements culturels. Faut-il imputer à un musée l’ensemble des kilomètres parcourus par un visiteur pour s’y rendre ? Et si ce même visiteur fait plusieurs arrêts touristiques, comment répartir cette empreinte ?
Pour éviter les doubles comptes ou les surévaluations, le ministère de la Culture recommande une approche pragmatique : proratiser l’impact carbone du transport en fonction du temps passé dans le lieu. Si un touriste passe 2 heures dans un musée et 6 heures dans un quartier commerçant, seule une fraction de son déplacement est attribuée à l’établissement culturel. Ce type de méthode permet d’ancrer l’analyse dans la réalité des usages, tout en conservant une cohérence globale du calcul.
S’engager dans une démarche de bilan carbone, ce n’est pas seulement cocher une case ou répondre à une obligation. C’est choisir de regarder son activité en face, chiffres à l’appui, pour agir là où l’impact est réel. Grâce à une méthode rigoureuse, un accompagnement adapté et des outils de plus en plus accessibles, il devient possible de transformer des constats en leviers concrets. La transparence, la cohérence et la continuité dans le temps sont les clés d’un engagement climatique crédible – et durable.
Des aides existent pour vous soutenir dans votre décarbonation, et plus largement, dans votre transition écologique.
Ressource utile : Comment se passer de la climatisation dans votre établissement ?